cs033: juteuse
Récolte d’été, implosion/explosion, production hollywoodienne ou théâtre d’été québécois, confessions d’un hipster quarantenaire divorcé
Vous et moi savons que les fraises sont rouges. Ce matin, après être allée au marché pour m’en acheter un casseau bien rempli et minutieusement choisi pour me sustenter de ce petit fruit de saison avec mon déjeuner, j’ai été saisie par ces fraises qui, lorsque coupées, sont toutes aussi rougeoyantes de leur intérieur. Pas comme celles qui ne devraient pas se trouver en épicerie durant l’hiver et qui, malgré leur extérieur rouge vif, dévoilant une chair blanche à peine rosée. Une apparence trompeuse, dont la couleur et le sens n’est qu’en surface, rouge là où on peut le voir, rouge là où on s’y attend le plus. Les fraises de saison, quant à elles, sont pleines d’elles-mêmes, dégoulinantes d’un trop-plein de ce rouge gorgé de saveur vive, comme elles se doivent de l’être.
Si on me coupait en deux, je pense que personne ne serait surpris par ce qu’on retrouve dans mon intérieur. Ce serait exactement moi. Une glu dégoulinante rose ou mauve, avec des brillants et des paillettes en forme d’étoile; quelque liquide clair et pétillant aux saveurs subtiles du dernier La Croix que j’aurais bu ; le cuir de ma peau renversé avec les lettres « HSELF » et « NEVAEH » là où on peut lire FLESH et HEAVEN sur mon corps; quelques doutes qui se ressentent à travers toutes mes convictions; un flux de pensées qui de toute façon aurait été partagé dans mon infolettre; des paroles des dernières chansons que j’aurais écoutées, tapées sur une machine et pliées sur un tout petit papier comme celui qu’on a retrouvé sous l’ongle de Laura Palmer; une bobine de film que je n’ai pas encore fait développer ; tout ça entre mes viscères rose vif: mon foie dans sa bile à saveur de vin nature, mes intestins pleins de fraises cramoisies et mes deux petits reins ratatinés par dix ans d’usage d’antidépresseurs. Je serais là, vous me reconnaîtriez. Je suis tellement décomplexée d’être moi-même que ça prend tout le monde par surprise.

Le scorpion a la réputation d’être mystérieux. C’est un qualificatif qu’on m’attribue souvent, mais que j’ai pourtant de la misère à comprendre. J’ai l’impression d’être toujours vivement Mathilde, d’être gorgée de moi-même et dégoulinante de mes émotions, de mes idées, d’être aussi rutilante à l’extérieur qu’à l’intérieur, comme les fraises que j’ai dégustées ce matin. Exactement comme elles devraient être… mais au fond, c’est peut-être cette franchise qui recèle du mystère — un franc-parler auquel on ne s’attend pas, dans ce monde de façades et de paraître.
Avec mon amie-collègue Claudia, nous sommes allées boire un martini après notre shift et avons discuté de nos récentes expériences de dating (ardues), nos rapports à nos corps (complexe mais sain malgré tout), notre expression de genre. Et surtout, le geste le moins féministe que nous continuons de répéter — dater des hommes — au plus grand dam de notre collègue Élo, notre barmaniel, qui s’est donné pour mission de propager le lesbianisme politique et qui tente désespérément de convertir Claudia et moi à l’homosexualité. Hélas, tout n’est pas aussi simple, même si nous sommes toustes d’accord pour se dire que rien n’est noir ou blanc.
Dans un moment de canicule décuplé par un genre d’essoufflement de vouloir plaire et une culpabilité de ne pas faire mes devoirs de féministe, j’ai arrêté de me maquiller. Il a fait trop chaud pour porter du mascara, et de m’en appliquer chaque matin commençait à devenir absurde. Depuis, c’est comme si je vis un genre de dysmorphie positive, celle de me trouver belle le visage nu, dans mon plus simple appareil, de voir se révéler dans le miroir un reflet qui me plaît — juste de même — sans ressentir le besoin d’augmenter ma réalité. J’ai même l’impression que ça contribue à me rendre moins mystérieuse, plus normale et même approchable. Je me sens complètement moi-même, purement Mathilde, comme une fraise de saison bien fraîche et prête à être croquée.
Lectures du moment
Famesick (2026), Lena Dunham
The Make-Believe: A Memoir of Magic and Madness (2026), Hannah Murray
Mes deux dernières lectures étaient des mémoires écrits par deux femmes qui ont évolué — ou qui continuent d’évoluer — dans l’œil du public. Le premier livre, Famesick, est la deuxième autobiographie de Lena Dunham, cette actrice et réalisatrice américaine qui s’est fait connaître pour avoir écrit la série télévisée Girls (HBO, 2012-2017) et pour y avoir tenu le rôle principal. Cette série raconte l’histoire d’une bande de jeunes femmes en quête de sens à Manhattan, fortement inspirée de la vie de Dunham, et souvent comparée à Sex and the City. Les protagonistes de Girls sont souvent décrites comme des versions plus modernes et moins démesurément obsédées par les Manolo Blahnik que Carrie Bradshaw et sa bande. C’est une série que j’ai adorée et qui, pour toute une génération, a été libératrice grâce à sa manière de montrer les femmes à l’écran. Et celle qui fût au milieu de tout ça — ce corps, cette femme, ce succès —, c’est Dunham elle-même. Toutefois, se mettre en scène de manière aussi crue, dans un corps aussi banal, c’est aussi se soumettre à un examen rigoureux et constant de la part du public et des mauvaises langues anonymes sur Internet.
Les critiques de l’actrice-autrice-réalisatrice de Girls fusaient sans scrupules de tous bords, tous côtés, pendant les six années qu’a duré la diffusion de la série, et elles ont persisté longtemps après la fin de l’émission. Dans Famesick, Dunham a su raconter avec humour une période de sa vie plutôt dramatique, pendant laquelle elle a souffert de nombreux problèmes de santé, liés entre autres à son système reproducteur — une zone morphologique lamentablement méconnue par la science et dont les maux semblent très difficiles à diagnostiquer par la trop grande majorité d’hommes docteurs —, ayant ultimement abouti à un hystérectomie après mille et une péripéties médicales à la fois sérieuses et nébuleuses. Son rapport au corps et à la féminité, son expérience en tant que figure publique et sa relation avec le producteur Jack Antonoff, racontés à travers le prisme de la maladie chronique, font de Famesick un livre très dense et touchant, en plus d’être parsemé d’anecdotes croustillantes de showbizz. Parallèlement à l’accès qu’elle nous offre à deux phénomènes qui sont loin d’être anodins, soient la célébrité et la maladie chronique, Dunham nous fait part de son humour et de sa lucidité tout en demeurant, malgré sa position privilégiée, d’une sensibilité à laquelle on peut s’identifier.
Alors que Lena Dunham vit le poids de la notoriété de manière très physique, l’actrice Hannah Murray le subit intérieurement, de façon plus subtile. Ce nom vous dit peut-être quelque chose: c’est elle qui a joué Cassie dans Skins, cette adolescente dans son monde d’étoiles et de fées aux prises avec un trouble alimentaire et une santé mentale chambranlante qui la mèneront plus d’une fois à l’hôpital. Ce qu’elle raconte dans The Make-Believe: A Memoir of Magic and Madness fait écho à Famesick. Plusieurs événements se déroulent à la même époque, tandis que les deux femmes voient leur rapport à elles-mêmes mis au défi par leur présence devant les caméras. Toutes les deux sont également soumises aux hauts et aux bas de l’industrie qui les fait vivre : la précarité du succès éphémère toujours à renouveler et d’un mode de vie qui en dépend, aux horaires intenses et à l’intimité réduite.

En plus de son rôle dans Skins, Hannah Murray a aussi joué dans plusieurs saisons de Game of Thrones et dans quelques films, comme Detroit (2017), un long-métrage dont la production correspond au moment où sa carrière s’est effritée à mesure qu’elle s’est fait embobiner dans un genre de secte de bien-être. C’est après avoir reçu des soins de guérison énergétique aux États-Unis, prodigués par une femme dont le contact avait été obtenu grâce à une collègue de plateau, que Murray a lentement perdu contact avec la réalité. Bien que The Make-Believe ne raconte aucune anecdote sur les personnalités connues qui ont croisé le chemin de Murray, le livre détaille de manière étonnamment limpide les trois années qui ont culminé en un épisode psychotique forçant l’actrice à être internée pendant trois semaines — une histoire tout aussi fascinante qu’accablante, parsemée de cristaux, de sirènes et de licornes.
À l’apogée de sa folie, Murray était persuadée qu’elle pouvait, à elle seule, sauver l’univers. Elle était aussi convaincue que le maître de l’organisation qui l’avait accueillie à bras (et porte-monnaie) ouverts était une réincarnation de Dieu, qu’il était amoureux d’elle (même s’il était marié et avait des enfants) et qu’il se manifestait en lui envoyant des signaux de toute sorte en mettant d’autres personnes aux yeux bleus sur son chemin. Dans l’aile psychiatrique, elle refusait de se nourrir et buvait son urine, convaincue que c’était tout ce dont elle aurait besoin pour subsister. Ça, c’est le genre de choses qu’on n’oublie pas, même si on était dans un état des plus psychotiques. Mais les détails, dans Famesick comme dans The Make-Believe, vont bien au-delà de ces comportements tellement troublants qu’ils sont impossibles à oublier. Les deux autrices creusent dans leurs souvenirs, aussi banals soient-il, pour retracer leurs états d’âme d’il y a une décennie. Je trouve ce genre de mémoire fascinante, alors que, pour ma part, je peine à me souvenir de ce que j’ai fait il y a moins d’une semaine.
Writing, like dating, is just as much about
what you refuse to see as what you observe. — Lena Dunham
Visionnements marquants
The Invite (2026), Olivia Wilde
Un couple de quarantenaires (Seth Rogen, Olivia Wilde) dans un grand appartement entièrement peint de couleur sauge reçoit de manière impromptue leurs voisins du dessus (Edward Norton, Penelope Cruz) à souper pour s’excuser du bruit qu’ils ont fait durant leurs rénovations et se faire de nouveaux amis. Les hôtes sont aigris : Joe (Rogen) est un musicien raté qui a toujours mal au dos, une excellente excuse pour ne plus avoir de rapports sexuels avec Angela (Wilde), son épouse, la mère de son enfant. Ensemble, ils forment un couple qui a sans doute déjà été cool, mais la passion s’est essoufflée, chacun refusant de se l’avouer. Le silence de leur chambre à coucher se fait d’autant plus lourd depuis l’arrivée des locataires d’en haut qui, eux, semblent avoir une vie sexuelle très épanouie.
Les invités sont tellement décomplexés que c’en est presque grinçant : Hawk (Norton) est un ancien pompier fasciné par les tapis de Turquie, reconverti en massothérapeute, qui s’est lui-même rebaptisé « Faucon ». Il a rencontré Pina (Cruz), une sexologue sulfureuse et assumée, alors qu’il était son patient. Ensemble, ils parviennent à des orgasmes hors de ce monde, souvent en présence d’autres couples qu’ils invitent à des soirées échangistes chez eux, juste au-dessus de l’appartement d’Angela et Joe, tandis que ces derniers se touchent à peine. Et voilà le cœur de l’histoire : le contraste entre un couple cimenté par ses habitudes développées depuis 20 ans de monogamie — l’union où la flamme s’est éteinte depuis longtemps — et celui de deux amoureux complètement épanouis dans une communion hédoniste où la communication est limpide.
C’était divertissant, comique aussi, et bien écrit, mais ce n’est pas venu me chercher dans les tripes. Je ne pense pas que tel était l’objectif, mais qu’il s’agissait plutôt d’un prétexte pour aborder l’essoufflement d’une très longue relation, le normaliser, le dédramatiser en en profitant pour parler du fonctionnement d’orgies et de soirées libertines. The Invite est sans doute révélateur pour quiconque reste en couple par habitude, de peur de se jeter dans le vide, et dont la variété des positions sexuelles se compte sur un doigt (missionnaire). Il y a toujours une partie de moi qui ne cesse d’être étonnée que les gens restent dans des situations qui les rendent malheureux, avec des personnes qui n’arrivent pas à exprimer leurs émotions adéquatement, et qui préfèrent l’aliénation d’une routine qui ne leur correspond plus et dont ils se contentent plutôt que de se risquer à sortir de leur zone de confort pour trouver mieux et évoluer.

La version québécoise
Dans la conversation de groupe que j’entretiens avec les ami·es qui m’ont accompagnée au visionnement de The Invite, nous étions tous d’accord pour dire que le film serait une bonne petite pièce de théâtre d’été. Nous nous sommes amusé·es à imaginer quelle aurait été la distribution de la version québécoise du film, en piochant dans le bottin de l’UDA. Les comparses masculins des acteurs américains ont été franchement plus faciles à trouver que leurs homologues féminins. Dans le rôle de Joe (Rogen), Rémi-Pierre Paquin a fait l’unanimité dans notre groupe de cinéphiles. Ce dernier est habitué de jouer des losers victimes de leurs propres choix de vie, comme il l’a souvent fait dans ses collaborations avec François Létourneau. Le Hawk (Norton) québécois a été un peu plus difficile à trouver, le groupe tendant à vouloir voir Christian Bégin — épicurien et amoureux de la vie notoire — jouer le rôle de cet hédoniste placide, mais c’est l’âge de ce cher Curieux qui l’a disqualifié. C’est grâce aux recherches d’Arthur Michaud que nous nous sommes toustes mis·es d’accord pour attribuer le rôle de Hawk à Stéphane Crête, à la suite de la découverte de son livre Éros Créatif (2025), un ouvrage qui « explore les multiples visages de l’éros et sa rencontre possible avec le mystère, la créativité, la spiritualité et la liberté intérieure1 ». C’est Hawk tout craché.
À force de chercher des équivalences américaines-québécoises, nous nous sommes lancés dans toutes sortes de débats comme « Qui est le Robert Pattinson du Québec ? » (Niels Schneider …?) et la question que nous n’avons pas tout à fait élucidée « Qui est la Zendaya du Québec ? » (je suis ouverte à vos suggestions). Pour le personnage de Pina (Cruz), la sulfureuse sexologue aux orgasmes incroyables, je me suis arrêtée à Monia Chokri, qui me semble être une personne assez décomplexée et sexuellement ouverte d’esprit, si on se fie à son rôle dans le triangle amoureux des Amours Imaginaires (2010). Puis, en continuité avec le registre Dolanien, nous avons opté pour Julie Le Breton dans le rôle d’Angela (Wilde), cette blonde aux yeux bleus expressifs, pleine de vivacité. Ce rôle, pour Le Breton, serait comme une continuité de celui qu’elle a tenu dans Québec-Montréal (2002)2: une blonde sûre de son affaire, un peu contrôlante sur les bords, mais cette fois plus mature.
Sur repeat
Album: aethermead (2026), of Montreal
of Montreal ne vient pas de Montréal. C’est un groupe qui vient d’Athens, mais pas en Grèce — en Géorgie (pas le pays, mais l’état Américain). aethermead est leur vingtième album, toujours fidèle à leurs sonorités indie-pop vestiges d’un hipsterisme qui aura muté à travers deux décennies. On me traite encore d’hipster, mais je pense que le mot est rendu désuet et ne correspond plus à sa description qui a été cristallisée au courant des années 2000, qu’on résume aujourd’hui par le terme indie sleaze. Pourtant, Kevin Barnes — le visage d’of Montreal — me semble être une des dernières reliques vivantes du hipsterisme. La musique qu’il écrit est toujours aussi constante que celle qu’il écrivait en 1997, qu’en 2007, qu’en 2026.
Le style a toujours été le même : des paroles de type confessional (à propos de la vie et d’expériences vécues, aethermead est un album de rupture) et une musicalité amalgamant guitare, piano et voix de tête. Contrairement à ses prédécesseurs, et par exemple Hissing Fauna, Are You the Destroyer? (2008) qui est sans doute leur album le plus connu, aethermead est moins complexe dans ses arrangements, étant plutôt ancré dans des sonorités simples d’un band typique que dans des envolées psychédéliques. Ce que j’aime de cet album, c’est qu’il est confortable. C’est simple, écoutable, et à force de le jouer, je remarque des bribes de paroles qui me touchent et mettent des mots sur des sentiments vécus.

Parfois je me sens comme « I’ve no idea what this button does, I’m pushing it now just because / and anyway I have no fear of being too hopeful or insincere », dans les moments où je me dis que je dois vivre et comme j’en parlais la semaine dernière, que je n’ai qu’une seule vie à vivre, en me rappelant que « you will never belong to anyone else / other than you », et ce you, c’est moi. Et tandis que je me bats continuellement pour me recentrer en moi-même, je cherche à connecter avec quelqu’un dont l’attitude devrait avoir la limpidité de me communiquer des mots du genre : « I don’t look to you for warmth and affection / I’m not trying to have an emotional connection / I just wanna fuck you again », et je suis rebutée à poser une question du genre « what’s your intention? / I need your attention » tout en étant inquiète à l’idée d’être invisible, oubliable, cherchant effectivement à me faire remarquer par le dernier qui m’aura fait l’effet de « turn my body and brain to mush ».
Et avec le recul, à chaque fois, je me dis que « Some people have a way of keeping it hid / some people have a way I never did ».
Pour conclure
Je vous laisse sur une citation de Morgan Ali, un autre de mes collègue-amis — celui qui m’a inspirée à faire mon recueil saturnien au mois de mai dernier et que je semble avoir influencé en retour à faire une infolettre.
Il faut dire aux gens ce qu'on pense vraiment, arrêter de se retenir de partager nos sentiments ou opinions à leur égard par conscience sociale. Être franc, dire les vraies choses, yeux dans les yeux, c'est comme ça qu'on crée de vraies relations, en étant honnête, en partageant le fond de sa pensée sans hésiter. Car lorsque c'est le cas, que notre cœur est sur la table, il est plus facile de le partager avec les autres et de trouver ceux qui se ressemblent. — Morgan Ali
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À bientôt,
xoxoxo
Mathilde
♡ Merci à Maxime Goldstyn pour sa révision. D’ailleurs, à son sujet, prenez note du vernissage de son exposition solo qui aura lieu le jeudi 6 août prochain à la galerie Deschênes, au 5155 d’Iberville, app. 495, de 17h à 21h. J’y serai, et je compte bien vous y voir! ♡
Description empruntée à Les Libraires.
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J'adore ton analogie avec la fraise et ton intérieur, qui ça se voit, est aussi délectable et sucré à l'intérieur qu'à l'extérieur ; on n'est pas déçus!
Et j'adhère avec votre casting québécois que "The Invite" ; où prends tu toutes ces belles idées de chroniques qui font que c'est si réjouissant et rafraichissant (comme une bonne fraise d'été) de te lire! XOXOX